La déchirure


Un être qui nous est particulièrement cher s’en est allé. Il est mort !

        Quelle bêtise que de dire cela !

        La mort n’existe pas.

        C’est là, la plupart du temps, ce que nos défunts, nos êtres chers disparus, nous demandent de dire. Ils nous le demandent tous, lorsque nous essayons de les contacter et que nous y parvenons.

        Beaucoup nous disent : « Dites-leurs que la mort n’existe pas ! »



L’espoir.

   

        L'espoir est bien réel. Ce n'est pas un faux-semblant permettant une forme de fuite face à la réalité.
        La vie après la vie existe bien réellement.

        La connaissance possède ceci de particulier : elle fait reculer la peur et permet de mieux appréhender la signification de ce mot qui semble si hideux : la mort.
        La mort n'est rien d'autre qu'un changement d'état. Mais la VIE, elle, perdure.

        Dès que notre être cher est parti, nos amis, la famille nous rabâchent sans cesse les mêmes mots. Des mots qui nous semblent complètement creux, qui ne résonnent en rien. Mais comment leur en vouloir ? Seul celui qui passe par ce chemin douloureux peut savoir ce qui se passe dans son cœur, dans sa tête, dans son ventre.

        « Il va falloir être fort »

        « Je sais que tu vas y arriver »

        « Tu as toujours été fort »

        « On compte sur toi »

        Et puis il y en a qui viennent à vous et vous disent :

        « je ne sais pas quoi te dire mais si tu as besoin d’aide, surtout appelle-moi et je viens tout de suite. Ne t’occupe pas de l’heure, appelle seulement »

        Ce genre de phrase, nous l’avons aussi entendu. Avouons que c’est quand même beaucoup mieux que les banalités d’usage.

        Et enfin, il y a une dernière catégorie, celle des gens qui disent :

        « Ne pleure pas, tu sais qu’il te voit »

        Ces gens là sont peu nombreux et ils ne savent pas tous à quel point ils ont raison.

        Nos êtres chers nous voient. Ils nous entendent. Ils peuvent aussi entendre nos pensées. Et la cerise sur le gâteau, ils sont (pas à tout instant) avec nous, à côté de nous et parfois tout contre nous. Lorsqu’on les interroge, on obtient souvent cette réponse :

        « Je suis si près de toi »


Contacts.

   

        Le plus souvent possible, au début du deuil, notre être cher cherche à se manifester à nous par tous les moyens qu’il va pouvoir trouver et pourtant il va essayer, en même temps, de faire en sorte de ne pas nous effrayer (sous les conseils avisés de son maître-guide).

     Et là, si on y prête attention, les signes et les manifestations ne manquent pas. En fonction de l’évolution spirituelle de la famille dans laquelle il a évolué, et surtout de son évolution spirituelle personnelle, les signes seront plus ou moins nombreux, plus ou moins forts.

        Il n’y a pas vraiment de critère particulier pour les signes bien qu’une codification existe. A chacun sa façon de ressentir les choses. Le signe, lorsqu’on le reçoit (et qu’on en prend conscience) se présente de façon très intime. Il fait référence à quelque chose que l’on est, en général, seul à pouvoir comprendre. Il peut faire suite, comme c’est souvent le cas, à une question, une demande, que nous nous faisons, en notre for intérieur. Il fait suite à une pensée.

     Chantal et moi-même, avons commencé un cheminement spirituel depuis fort longtemps. Depuis plusieurs décennies en fait. Lorsque de notre amour sont nées nos filles, elles ont, dés le début, été plus ou moins bercées dans cet état d’esprit. L’existence des anges et des guides. La véracité de la vie après la vie. Oh, il ne faut pas non plus s’imaginer que nous étions des furieux de la vague « new-age ». Le sens du respect chez nous a toujours été prépondérant et, à un enseignement quelconque, si l’une ou l’autre de nos filles n’était pas d’accord et nous expliquait ou tentait de nous expliquer pourquoi, alors jamais nous n’insistions. Nous considérions qu’elle avait tout à fait le droit légitime de ne pas penser comme nous.

      A cette époque, nous ne savions pas si nous avions raison ou non. Il faut dire aussi que nous nous fichions pas mal d’avoir raison ou tort. Nous sentions les choses comme ceci ou comme cela et nous les faisions de la même façon. Nous essayions de faire attention de respecter les élans de nos cœurs.

      Avec le recul des années, et l’accident de Frédérique, force est de constater que nous avions raison et que nous avons bien fait. 

        L’expérience !

        L’expérience ne sert pas à grand chose. La nôtre n’éclaire que le chemin qui se trouve dans notre dos.

    Pourtant, ce serait si bien qu’elle puisse servir au plus grand nombre. Il n’est pas question que quiconque mette les pieds dans nos empreintes car chacun a son propre chemin. Il s’agit plutôt de prendre en compte ce que nous voulons partager. Ensuite, il appartient à chacun de le trier, en fonction de ce qu’il pense être bon pour lui. 

        Maintenant, nous allons vous raconter, ou plutôt nous raconter.

        Des signes que nous avons reçus.

      Des signes, nous en avons reçu une belle quantité. Une quantité qui peut impressionner. Nous avons aussi reçu quelques manifestations particulièrement concrètes telle la matérialisation d’un briquet, ou d'une rose. On appelle ce phénomène un « apport ».

        Il faut dire, pour être honnête, que nous avons tous été averti à l’avance du départ de Frédérique.                Chantal, moi, Alexandra notre fille aînée. Tous, nous le savions à l’avance. Aucun de nous ne l’avait compris. C’est devant l’inéluctable et avec un tout petit peu de recul que nous avons compris que nous aurions du savoir. 

        Nous sommes prévenus à l’avance…

       48 heures avant l’accident de Frédérique, nous étions en vacances chez des amis, à plusieurs centaines de kilomètres de chez nous, lorsque au matin, après avoir passé une bonne nuit, je me fais réveiller par une boule de lumière très intense. Il faisait déjà jour et les persiennes de la chambre étaient fermées. J’ai d’abord cru à un jeu de la lumière du soleil entre les persiennes et je me suis mis à bouger assez frénétiquement dans le lit, pour chercher d’où ce jeu de lumière avait bien pu venir. J’ai insisté dans cette recherche car je trouvais cela vraiment étrange. Je n’ai rien trouvé et pourtant, je peux vous assurer que j’ai tout essayé. De cette boule de lumière, je ne peux dire que ceci : elle se trouvait réellement à l’intérieur de la chambre. Elle devait faire un diamètre d’environ une dizaine de centimètres. Elle était d’un blanc exceptionnellement intense et pourtant, non aveuglant. Combien de temps cela a t’il duré ? Je n’en sais rien du tout ! Sans doute quelques secondes… pas plus. Elle se trouvait au-dessus du pied du lit, à une hauteur à peu près équivalente à la hauteur d’un homme de taille moyenne qui se serait tenu debout sur le lit. Comme si cet emplacement avait été choisi avec soin pour que lorsque mes yeux s’ouvrent, mon regard ne se porte qu’à cet endroit avant de se porter ailleurs.

      Une fois réveillé, encore un peu désorienté par ce phénomène que je ne comprenais toujours pas, je descends à la cuisine pour rejoindre tout le monde et déjeuner. Je fais part de mon aventure et puis je passe à autre chose et j’oublie, puisque personne, en dehors de Chantal, ne semblait porter crédit à mon histoire.

        Chantal va vous en dire plus…

        Je lui laisse la parole.

      


       Depuis que ma petite puce est partie pour un monde meilleur, nous avons eu beaucoup de signes et ce,  très tôt. Merci là-haut. Elle est partie de l’autre côté du voile le samedi 12 mai 2007 dans un accident de la route, alors que nous étions en vacances chez des amis dans le Cher.

      Le samedi matin, mon amie m’a proposée de me faire un tirage de cartes. J’étais un peu soucieuse du devenir professionnel de Frédérique, car en janvier, elle avait décidé de quitter la fac et, elle avait comme projet de se lancer dans la correction de manuscrits auprès d’un ami éditeur. Notre ami l’avait déjà testée sur un manuscrit et  avait été très content de son travail.

       Mon amie (celle qui tire les cartes) a eu un résultat superbe. Elle l’a voyait dans la lumière, protégée, dans l’Amour. Enfin la totale ! J’aurai dû être rassurée avec tout ce qu’elle m’a dit. Eh bien non, j’ai été très très mal toute la journée, à en être malade physiquement. J’ai passé la plus grosse partie de l’après-midi en retrait et je me souviens avoir eu une crise de larmes sans savoir ce qu’il m’arrivait. Puis le soir venu, son petit ami a appelé sur mon portable pour nous dire son inquiétude. Il n’avait plus de nouvelles de Frédérique depuis 1 h 30 mn voir 2 heures. Mon cœur s’est serré très fort mais j’ai gardé l’information pour moi, pour ne pas inquiéter mon entourage. Quelques temps plus tard, son amie chez qui elle avait passé la nuit du vendredi au samedi me téléphone à son tour pour nous dire la même chose. Je me suis mise à trembler de tous mes membres et j’ai finalement averti mon mari et mes amis. Nous nous sommes installés tous les 4 devant le poste de télévision, sans la regarder. Nous étions tous rivés sur mon portable et celui de mon mari.



La guillotine tombe.

       

        Vers 23 h 00, mon portable s’est mis à sonner et j’ai eu la secrétaire de mairie de notre commune. Avant qu’elle n’ait eu le temps de m’expliquer quoi que se soit, je me suis mise à hurler en la suppliant de me dire ce qui s’était passé avec ma fille. Très surprise, elle m’a demandé « Pourquoi vous êtes au courant ? ». Je lui ai hurlé que non, et qu’elle me le dise très vite, cela faisait déjà plusieurs heures que plus personne n’avait des nouvelles de Frédérique. Le couperet est tombé.

        Nous sommes rentrés le lundi chez nous. Nous étions complètement sous le choc. Mon beau-père était venu nous chercher chez nos amis. Il ne voulait pas nous laisser rentrer seuls chez nous.



Le briquet orange.



        En rentrant, j’ai vécu comme un automate, repas, vaisselle, faire tourner une lessive. J’ai donc étendu mon linge comme d’habitude, au premier étage. Nous étions, moi, mon mari, et mes beaux-parents dans le salon, au rez-de-chaussée, personne ne disait mot. Nous étions encore complètement sous le choc quand, tout à coup, un bruit bizarre, provenant du premier, nous parvint aux oreilles. Le bruit de quelque chose tombant sur le parquet. Mon mari et sa mère, intrigués, sont montés voir ce qu’il en était. La pièce étant un peu sombre. Mon mari prit une lampe électrique et balaya le plancher. A leur grande surprise, ils ont ramassé un petit briquet orange. Il n’appartenait à aucun d’entre nous. Mon mari le posa sur la table du salon.

        Quelques instants plus tard, Danielle l’amie de Fred est arrivée à la maison. Danielle est l’amie chez qui elle avait passé la nuit de vendredi au samedi. C’est de chez elle que notre Fred est repartie pour se rendre chez son amoureux. Ils devaient fêter leur 6 mois de rencontre et elle n’y est jamais arrivée.

        Elle devait nous montrer les lieux de l’accident ainsi que la casse automobile ou avait été emmenée la voiture de notre fille. Mon mari avait posé le petit briquet orange sur la table du salon. Danielle le prend, le regarde et demande s’il nous appartenait. Nous lui avons répondu que non en lui demandant pourquoi cette question. Elle nous dit qu’il ressemblait étrangement au sien qu’elle n’avait plus depuis le passage de Fred et qu’elle le cherchait partout. Elle pensait que c’était Fred qui l’avait embarqué. Il leur arrivait souvent de se prendre leurs briquets respectifs.

        Comment ce briquet a-t-il pu arriver chez nous alors que nous n’avions encore rien récupéré des effets de notre puce, que ce soit dans sa voiture où dans son sac qui était toujours à la gendarmerie ?

        Ce fut pour nous le premier signe que nous avons eu.



Il faut parler de tout.

   

        Notre Fille a été autopsiée, selon la loi dans les cas de morts violente et, nous attendions que cela soit fini pour qu’enfin nous puissions prendre toutes les dispositions pour la cérémonie des funérailles, avoir l’autorisation du procureur pour pouvoir l’incinérer. C’était son désir. Nous parlions vraiment de tout avec nos filles. Aucun sujet n’était tabou et pas même celui-là. C’est ce qui nous a permis de savoir quoi faire car dans l’ordre des choses nos enfants ne sont pas sensés partir avant nous.



Une avalanche de signes.

   

        Le 18 mai, enfin nous avons eu l’autorisation du Procureur pour l’incinération et on nous a rendu le corps de notre fille. Nous avons pu nous rendre au Funérarium. Là, beaucoup de ses ami(e)s avaient tenu à venir eux aussi et être prêt de nous. Après avoir terminé toutes les formalités d’usage, quelqu’un a suggéré d’aller boire quelque chose tous ensemble, pour ne pas se quitter comme ça. Nous ne connaissions pas cette ville où se situe le funérarium. Nous sommes donc tous montés dans nos voitures respectives afin de trouver un café. Un de nos amis conduisait ma voiture, il s’est dirigé vers la rue principale, une rue très étroite et en sens unique. Une seule place était disponible. Nous nous sommes donc garés sans faire trop attention où nous nous trouvions, encore bouleversés par tous ces préparatifs ô combien douloureux.

        En sortant du véhicule, nous nous sommes rendus compte que nous nous étions garés juste devant un café qui se nomme « Le café des arts ». Notre fille avait suivit des cours à la fac en Histoire de l’art et aussi un petit stage au cours Florent. C’était à cet endroit que nous devions vraiment nous retrouver.

        Pour nous un petit clin d’œil de la puce…

      On s’est retrouvé 17 sur cette terrasse de café. Quand tout le monde fût installé, nous leur avons fait remarquer le nom du café. Certains ont tout de suite compris le petit clin d’œil de Pupuce. Pour d’autres, ils sont restés sceptiques. En regardant autour de nous, nous avons pu voir un petit restaurant turc du nom de "Istanbul" à proximité. Nous avons vécu 3 ans en Turquie, à Istanbul. Il y avait présente avec nous une de ses grandes amies, qu’elle avait connu justement à Istanbul et qui est venue vivre à Paris pour ses études. Le café fait un angle, avec une rue dont le nom est "La Licorne". La licorne était un animal fétiche pour Fred. Son amie turque Özge et Frédérique ont une passion commune : le théâtre. Özgue nous demande de regarder un peu mieux la vitrine du café. Tout le monde se penche pour regarder  et nous avons pu y voir des affiches annonçant des représentations théâtrales et, sur la bordure de la vitrine y était posé un petit panier en osier avec plein de petites cartes de toutes les couleurs. Elles faisaient de la publicité pour un restaurant qui ne se situait pas en France mais au Maroc. Pourquoi étaient-elles là ? Dessus, il y avait une phrase écrite en plus gros "ENVIE D’AILLEURS, VOLONTE D’UNIR, DEMELER DEUX CULTURES", chose encore plus extraordinaire, mon mari travaillant pour une grande compagnie aérienne, nous avons vécu plusieurs années hors de France. Ce qui fait que nous avons élevé nos filles dans le respect de la différence et en leur inculquant une ouverture d’esprit et de curiosité ainsi qu'une soif de découvrir les autres, quelle que soit la religion ou la couleur de la peau des humains. Nous nous considérons avant tout, dans notre famille, comme des enfants du monde. Encore un petit clin d’œil sur sa vie...

     Pour les sceptiques présents, je vous assure qu’ils ont été un peu bousculés car, pour finir, en regardant en face nous avons pu voir un fleuriste qui portait le même nom que celui du funérarium, la boucle est bouclée ! ! !

    Cela nous a remis du baume au cœur. Nous étions, bien avant le départ de Frédy, convaincus de la survivance de l’âme, et heureux d’avoir eu tous ses petits clins d’œil.



Frédérique nous rend visite.

   

        Trois semaines après, nous sommes retournés voir nos amis chez qui nous étions quand nous avons appris le départ de notre puce. Ils étaient tellement malheureux et avaient très peur que nous ne voulions plus venir chez eux. La deuxième nuit, j’ai fait un drôle de rêve. Enfin pas un rêve… Je vivais vraiment et voyais tout comme si j’étais bien réveillée. J’ai vu ma fille ! Elle était superbe, resplendissante, souriante, riante même dans une belle robe d'un blanc lumineux. Nous nous sommes prises dans les bras l’une de l’autre et avons tournoyé. Elle riait, la tête en arrière, cheveux aux vents, et sa robe est devenue multicolore, avec pleins de petits rectangles de la couleur d’un arc-en-ciel. C’était merveilleux. Quand tout s’est arrêté, j’ai eu du mal à faire la différence entre rêve ou réalité. J’ai gardé cette étreinte, que j’avais eu avec elle plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après et il m’arrive encore aujourd’hui de la ressentir.

        Le même jour, mon mari, l’a également vu lui aussi, mais lui c’était lors d’une sieste (nous ne passions pas de réelles bonnes nuits). Elle lui souriait, et elle était resplendissante selon ses termes. Elle portait une sorte de bijou de couleur or sur son front. Mon mari m’affirme qu’il ne dormait pas mais se reposait. Il faut dire qu’il est exceptionnel de le voir faire la sieste. Il ne parvient pas à dormir. Fred était venue à lui juste pour lui faire un beau sourire. Il ne l’a vue que de buste. Elle portait une robe blanche de style un peu victorien, avec des manches courtes à épaules légèrement bouffantes.

        Et dire qu'elle rêvait d'aller s'installer à la Nouvelle-Orléans...



Coïncidences étranges.

   

        Entre temps, j’ai voulu chercher sur Internet si de nouveaux livres de Monique Simonet étaient sortis. Je connaissais ses livres depuis plusieurs années, bien avant la disparition de notre fille. J’ai découvert, en plus de ses nouveaux livres, qu’une association s’était créée (association INFINITUDE) à la suite de tout son travail et qu’il y avait aussi un site. Je me suis empressée d’aller le visiter. Ma première réaction fût d’envoyer une photo de ma puce et de joindre un petit mot, pour savoir si on pouvait contacter Frédérique par TCI (TransCommunication Instrumental). J’ai eu une réponse quelques jours après, donc vraiment très rapidement. On me faisait malheureusement savoir qu’il n’était pas possible de la contacter car son départ était encore trop récent. Mais en revanche, on m’informait qu’il y avait la réunion annuelle de leur association qui devait se dérouler le deuxième week-end de septembre à Montligeon, en Normandie. Si nous le désirions, nous pouvions nous y inscrire. Notre réponse, à tous deux, fût immédiate : ce fût un gros OUI ! Je me suis précipitée sur le téléphone pour nous inscrire le plus vite possible (j’avais tellement peur qu’il n’y ait plus de place pour nous) mais, Monique (responsable de l’association Infinitude) nous rassura sur ce point. Elle m’apprit qu’il ne restait plus que deux places et qu’elles étaient pour nous. Il venait d’y avoir un désistement ! Nous étions fous de joie mon mari et moi.          Au fond de moi, je savais que cette réunion était capitale pour nous.

    Encore un petit (voire pour nous un énorme) miracle. J’en reste persuadée vu la suite des évènements.     En y repensant aujourd’hui, il me semble que Monique nous a fait un énorme cadeau, une grosse fleur, et a fait en sorte qu’il reste 2 places pour nous.

    Monique si tu me lis un jour je te remercie du fond du cœur car quel cadeau tu nous as fait ce jour là !

   Tous mes proches ont essayé de nous dissuader de nous y rendre. Ils avaient tous peur que l’on ait à faire à une secte. Pour moi, c’était encré très fort au plus profond de mon être, ni rien, ni personne n’aurait pu m’en empêcher. On devait y aller. Un point c’est tout !



Je reçois l’écriture.

   

        Avant de s’y rendre, nous sommes retournés voir nos amis du Cher, chez qui nous avions appris la triste nouvelle. On devait y rester trois ou quatre jours. Un soir avant d’aller me coucher, une énorme tristesse m’envahit, un énorme chagrin. Ca n’était pas forcément sur moi que je pleurais. Je me demandais surtout quelle conduite je devais avoir ? Comment faire pour être à la hauteur ? Et que voulaient-ils de moi là-haut ?

        Je me suis mise à prier très fort la Vierge Marie. N’arrivant pas à m’arrêter de pleurer, je me suis relevée. Je ne voulais pas importuner mon mari qui, pour une fois, avait fini par s'endormi. Je me suis installée dans le salon et, je ne sais pas pourquoi, une envie irrésistible de prendre du papier et un crayon m’est venue.

           Pourquoi ? Je ne sais toujours pas !

        Je me suis assise dans un fauteuil avec un tout petit calepin sur un genou et mon crayon s’est mis à bouger tout seul, comme un oscillographe. C’était plus des dessins ou quelques mots formés grossièrement mais bien visible quand même. Une fois ma main immobile (deux heures plus tard) j’avais rempli plusieurs petites feuilles. Je me suis précipitée dans notre chambre et j’ai réveillé mon mari. J’étais tellement excitée qu’il s’est demandé ce qui se passait. Je lui ai montré mes papiers et lui ai expliqué ce qui venait de m’arriver. Il a fini par regarder ce que j’avais écrit ou dessiné en restant assez dubitatif. Il faut dire qu’il était quand même deux heures du matin et qu’il avait enfin réussi à s’assommer avec des comprimés pour dormir.

        Le lendemain matin, encore sur des charbons ardents,  je me suis levée de bonne heure et notre ami est venu me rejoindre à la cuisine. Devant un bon café, je lui ai raconté ce qui m’était arrivée durant la nuit. Il était très perplexe et essayait de me faire comprendre que c’était mon imagination et, par la même occasion, tentait encore de nous dissuader de nous rendre à Montligeon. Je suis restée plus que très ferme sur mes positions et mon ami n’était pas vraiment ravi.



Frédérique prend le téléphone.

   

        Dans l’après-midi, nous nous sommes tous rendus à 75 km de leur domicile. Nous sommes partis vers 14 h 00 et étions de retour vers 19 h 30.

        Dès notre arrivée, notre ami est allé dans son bureau afin d’écouter d’éventuels messages. Il y en avait trois au total. J’ai entendu mon ami appeler sa femme d’une voix assez forte et avec beaucoup d’insistance. Sa femme est arrivée précipitamment, en se demandant ce qu’il pouvait y avoir de si urgent. Sitôt dans le bureau, elle a fait de même en appelant mon mari. Plutôt intriguée par tout ce remue ménage, je me suis  moi aussi précipitée dans le bureau.

    Entre 2 messages de personnes connues par nos amis (ainsi que les numéros, leur répondeur numérique a cette fonction et affiche même "INCONNU" si le numéro ne l’est pas). Il y avait un bien curieux message avec une voix plus qu’étrange. De plus leur répondeur n’affichait que deux messages, comme si celui du milieu n’existait pas. Après l’avoir écouté, ré écouté, nous avons réussi à en comprendre la teneur.

        "JE SUIS BIEN A PLANER - PETITE PLAGE - AU DESSUS DE VOUS" et ce, d’une façon bien scandée. Remis tous de notre stupeur, mon mari a eu une idée lumineuse. Nous voulions récupérer ce message. Il a pris son appareil photo numérique et l’a plaqué contre le répondeur afin de pouvoir l’enregistrer, de là nous avons pu le transférer sur leur ordinateur, puis ensuite sur notre mini disque dur.

        Pour nous le message était plutôt parlant, enfin surtout pour moi. J’étais rongée d’inquiétude. J’avais peur que ma puce ne soit bloquée entre deux mondes, dû au choc de l’accident et, par ce message, elle a voulu me rassurer. Pour s’identifier, elle nous a parlé de la plage. Elle adorait la mer, et elle nous avait très souvent dit qu’un jour ou l’autre elle irait s’y installer. Quel bonheur pour nous ! C’était le 5 septembre, la veille de notre départ pour Montligeon. Notre ami qui était toujours aussi sceptique (et qui devait nous prendre pour des allumés) en est resté ébahi, perturbé même selon ses dires. Nous avons pu faire écouter notre message a plusieurs personnes à Montligeon. Nous y avons passé quatre jours merveilleux.

        Montligeon.

        Que de rencontre !

      Nous avons assisté à un concert dans l’église. Tout ce qui y a été chanté avait un rapport direct avec notre fille, tel le Gospel. Son rêve était de pouvoir assister un jour à concert de gospel dans une église. Que de larmes de bonheur nous avons pu verser ce soir là. En plus mon mari hésitait à y assister. Il était fatigué. C’est moi qui ai insisté. Je vous garantis qu’il ne l’a pas regretté. Pendant tout le séjour, nous avons vécu sur un petit nuage, une bulle rose où nous étions compris, soutenus et aimés.

        Quelle expérience !

        Je dis, je crie MERCI LA HAUT.



Le lapin bleu.


   

    Le 5 octobre 2007 j’ai pris un rendez-vous chez une médium que j’avais rencontré à Montligeon. Encore Montligeon ! Il nous fallait vraiment y aller, comme quoi, le hasard n’existe pas.

    Là encore, j’ai eu beaucoup de chance, j’ai pu écrire deux pages et demie (format A4,  donc des grandes feuilles). Cette médium, quand elle a su que notre puce était partie depuis 5 mois, n’en revenait pas d’avoir eu un message aussi long et aussi clair. De plus, ma Fredy s’est identifiée via une petite peluche bleue. Son amoureux lui avait gagné ce petit lapin bleu lors d’une fête foraine. Elle l’avait accrochée à son sac à main. Je l’avais gardé précieusement et, quelques jours avant d’aller voir cette médium, je l’avais accroché dans ma nouvelle voiture mais avec un sentiment de culpabilité. Je me disais que cette peluche devait revenir de droit à son amoureux. Et cette médium au milieu de la consultation me dit qu’elle voit un petit objet bleu style peluche. J’ai immédiatement pensé au lapin bleu. Je me suis exclamée aussitôt : "si elle veut que je la redonne à son amoureux, je le ferai". Elle m’a répondu : "non, non, vous pouvez la garder, c’est un moyen pour elle de pouvoir s’identifier". J’ai été scotchée ! De plus, une amie m’avait accompagnée pour le trajet en voiture, et j’avais mis mon GPS. Mon amie voulait suivre le GPS avec moi mais mon lapin bleu la gênait alors elle a voulu que je l’enlève. J’ai eu une réaction un peu brutale car je lui ai dit : "on ne touche pas au lapin bleu". J’ai été estomaquée par la médium.

    Elle m’avait aussi prévenue que j’aurais un signe. Elle voyait les mots "lumière", "scintillement", "cœur" et "gravillons". Mon job est de vendre des cailloux dans une carrière de calcaire donc je pensais que le signe viendrait de mon travail ou sur mon lieu de travail. Et bien non, je me trompais et lourdement !



Un cœur dans le gravier.

   

        Quelques semaines plus tard, un dimanche après-midi où je n’avais pas trop le moral, je décide d’aller me promener avec mon petit chien sur notre chemin en direction la forêt. J’avais pris avec moi mon portable et ma fille m’appelle. Nous nous  mettons à bavarder et quand nous sommes parties à discuter toutes les deux, il y en a pour un moment. Je la préviens que mon portable risque de couper. Je savais que je n’avais plus beaucoup de batterie et que, si cela arrive, qu’elle ne s’inquiète pas. Je la rappelle sitôt rentrée et mon téléphone rebranché sur le secteur. Je n’avais pas fini de le lui expliquer que mon portable se coupe. Je rentre rapidement chez moi car j’avais envie de pouvoir terminer ma conversation avec mon Alex. Arrivée à la maison, je rebranche mon portable, le rallume et la rappelle. Quelques secondes après le début de la conversation, le téléphone émet des BIP BIP identiques à du morse. Je demande à ma fille si elle entend le vacarme de mon portable mais pour elle tout allait bien. Elle n’entendait rien d’anormal. Je regarde mon téléphone et je le vois clignoter comme une guirlande de Noël. Je pense que ma prise électrique me fait des farces. Je le débranche et le rebranche sur une autre prise et c’est toujours le même cirque : BIB, BIB, clignotements. Quand même intriguée, je dis à ma fille : "je te laisse et je vois où est le problème de mon portable". Je raccroche. Puis j’ai pensé que cela pouvait être Fred qui me faisait un petit coucou, tout en me disant, ma pauvre fille, tu travailles vraiment du cerveau. Je sors dans mon jardin pour respirer un peu d’air et en profite pour faire le tour de la maison. Sur le devant de la maison, côté salle à manger où il y a une allée de gravier, je vois trois petits tas de graviers qui formaient un cœur. Ni moi, ni mon mari n’avons travaillé, ou été à cet endroit du jardin depuis un bon moment. J’ai repensé à ce que m’avait dit la médium.



Un don de Frédérique à une de ses amies


    L’après-midi, Danielle (une amie de ma Fred) est venue nous rendre une visite avec son petit ami et sa maman. Je leur ai fait écouter le message audio que nous avions reçu le 5 septembre 2007 puis, je l’invite à venir dans la chambre de Fredy. Là je me dis que le manteau et le béret, qui étaient restés sur le valet (je n’arrivais pas à les ranger dans une armoire au grand désespoir de mon mari qui ne supportait plus de les voir) étaient à sa taille. Je lui fais essayer les deux. Ils lui allaient super bien, comme je lui ai dit, je sais maintenant pourquoi je n’arrivais pas à les ranger, ils t’attendaient tout simplement.

    Je la vois fixer un livre sur une pile qui était sur le plancher. Elle le prend et quand elle découvre le titre devient blême (Sans les blondes). Elles avaient un vrai délire sur les blondes car Danielle est blonde et Frédy ne supportait pas que l’on attaque les blondes devant son amie. Elle l’ouvre au hasard et là je vois des larmes couler sur sa joue. Elle venait d’avoir des réponses à des questions qu’elle se posait depuis un moment.



Une vraie déclaration d’amour.


    Le soir en rentrant dans ma chambre pour aller me coucher (après toutes les émotions de la journée), une envie irrésistible de fouiller dans ma table de nuit me prend d’un coup. Dedans, je retrouve un porte-monnaie que j’avais quand nous vivions à Istanbul. Je regarde dedans et y trouve un papier plié en plusieurs morceaux que je déplie. Quelle ne fût pas ma surprise ! Une déclaration d’amour de ma Fredy, un énorme cadeau, et quel cadeau ! Je garde ce mot maintenant dans mon porte-monnaie et il ne me quittera plus, ça je vous le promets. Mon mari l’a scanné car s’il s’abîme,  je ne veux pas le perdre.



Si papa distrait, Frédérique veille au grain…



    Un midi, mon mari ne travaillant que d’après-midi et moi du matin, a préparé le repas de midi. Il avait commencé à faire cuire du poisson pané dans une grosse poêle très profonde et mis un couvercle par-dessus. En attendant la cuisson, il s’est mis à jouer sur l’ordinateur. A un moment il a entendu le couvercle faire du bruit comme si quelqu’un le soulevait et le laissait retomber sur la poêle. Il est allé à la cuisine pour voir ce qui se passait. Il avait complètement oublié les poissons et s’il n’était pas allé voir d’où venait ce bruit, tout aurait été brûlé. Impossible que le couvercle se soulève tout seul avec cette poêle !

    Merci notre petit ange, tu as évité un déjeuner calciné.



Cours de philo donné par Frédérique.


    Un jour, peu de temps après son départ, je me suis décidée à ranger ses affaires, (nous avons dû déménager son studio, étant étudiante à la fac à 70 km de chez nous, elle avait dû quitter le nid familial). J’ai retrouvé un écrit de sa main et que nous ne connaissions pas. Je voudrais vous en faire profiter.

- Depuis l’origine des temps on nous dit que l’amour est plus puissant que toutes les haines réunies. Virgile disait "l’Amour est plus fort que tout et nous lui cédons". Quant à la mythologie (qui n’a pas été inventée pour des pauvres), elle nous raconte que Vénus (Aphrodite, déesse de l’amour, de la beauté) et qui, entre autre, favorisait la paix était la maîtresse de Mars, dieu de la guerre, et qu’à chaque fois qu’ils se retrouvaient, le monde connaissait une belle période de paix et de fertilité. Cette histoire raconte aussi qu’Aphrodite essayait par tous les moyens de retenir Mars/Hermès. Evidemment ce ne sont que de vieilles histoires auxquelles nos ancêtres peu civilisés croyaient dur comme fer !

Mais, ne connaissez-vous pas d’autres livres qui par des messages cachés nous demandent de toujours favoriser la paix et l’amour ? C’est sûr, chacun en pense ce qu’il veut, chacun ses croyances. Cependant, juste une note, comme ça. En croyant à cela, d’après ces croyances, ne ressemblons-nous pas à ces ancêtres peu civilisés ? Et puis pour ceux qui sont absolument contre la religion (comme moi), il existe le bouddhisme ? Alors oui certains me diront, "quoi le Bouddhisme ? mais c’est encore une religion ? !!!"  Eh non, c’est une sorte de philosophie de la vie.

Allons réfléchissez un peu, depuis la nuit des temps le monde nous supplie presque de nous aimer les uns les autres plutôt que de nous détester.

    Voilà le texte intégral manuscrit que nous avons retrouvé. Quand l’a-t-elle écrit ? Je n’en sais absolument rien. Elle adorait la philosophie, écrire, une littéraire dans l’âme. Elle adorait les très très vieux livres. Avec son papa, ils faisaient une sorte de compétition pour savoir lequel des deux pouvait avoir trouvé le plus vieux livre. Elle m’avait traînée sur les quais de la Seine pour farfouiller chez des bouquinistes afin de trouver la perle rare pour l’anniversaire de son papa.